LA SPIROPHONIE

La respiration courante qui consiste à laisser entrer et sortir de l’air pour vivre, suit une règle physiologique simple : lorsque nous inspirons, l’air gonfle nos poumons qui abaissent le diaphragme, lequel pousse nos organes de digestion vers l’avant. C’est l’inspiration : geste musculaire actif.

Lors de l’expiration, l’ensemble de notre cage thoracique, aidée des muscles abdominaux, pousse l’air hors de nos poumons, le diaphragme se relâche et le ventre se contracte très légèrement vers la colonne vertébrale. Le geste est passif.

Le terme spirophonie est apparu lors d’une séance de préparation d’une journée de formation sur la respiration de la voix, avec Céline Jourdain, orthophoniste formée à la relaxation pneumophonique (RPP). Nous avons réuni le mot spirare, respire/esprit en latin et phonie : voix. L’idée est de proposer des outils afin de devenir conscient de ce mécanisme pourtant essentiel à notre équilibre vital. Chaque fois que nous expirons, nous rejetons les toxines accumulées pendant l’expiration alors que l’inspiration renouvelle nos cellules en oxygène, respectant ainsi une loi de la nature universelle : rien ne se perd, tout se renouvelle.

Lorsque le bébé vient au monde, cette organisation respiratoire est innée, sauf dans de très rares exceptions. Le geste est souple et facile. La voix sort naturellement au point de pouvoir crier pendant des heures sans abîmer ses cordes vocales.

Et puis, avec le temps, la verticalité, les émotions ressenties, l’éducation reçue, le milieu social dans lequel l’enfant grandit, sa langue maternelle, son environnement scolaire, cette organisation respiratoire se modifie et parfois se désorganise.

Le mode de phonation change imperceptiblement. Puis, la mue, lors de la puberté, accentue ces transformations jusqu’à désorganiser complètement cette loi naturelle de naissance. Des symptômes peuvent se manifester, tels que : hyperémotivité, difficultés de sommeil, anxiété, troubles respiratoires, maux de dos, difficultés de concentration, voix sourde, difficultés à crier, fatigues vocales…

La parole ou le chant sont des révélateurs de ces désorganisations. Lorsque la voix sort difficilement, elle met le plus souvent en relief une difficulté d’organisation respiratoire parfois devenue chronique.

Enfin, de nombreuses techniques respiratoires proposent des moyens de réapprendre ce geste. De mon point de vue, il s’agit de reprendre contact avec cette mémoire instinctive oubliée. Nous savons le faire, nous avons perdu le chemin.

La spirophonie ajoute un autre geste : celui de poursuivre le mouvement d’inspiration dans le geste vocal qui est une expiration. En d’autres termes, pour être vocalement endurant et souple, la respiration doit s’adapter à ces exigences physiologiques, à savoir : protéger les cordes vocales d’une trop forte pression en utilisant le corps comme un accordéon. Là encore, il s’agit d’identifier les différentes zones d’ouvertures respiratoires et de savoir les mobiliser à bon escient au moment du geste vocal parlé ou chanté.

Travailler la respiration de la voix, la spirophonie, c’est avant tout reprendre contact avec sa respiration en retrouvant son chemin physiologique pour aller progressivement vers le geste respiratoire vocal soutenant et remettre de l’ordre dans les gestes physiologiques sains.

Une séance consiste à comprendre l’anatomie de la respiration, différencier les muscles inspirateurs des muscles expirateurs et savoir les mobiliser lors de la phonation.

Sur rendez-vous, entretien préalable gratuit pour établir une proposition adaptée aux besoins de chacun.
Séances de 35 à 40 minutes : 45€ TTC.